" A LA RECHERCHE DU DRAGON..."Janusz HLYWA
Mémoire  « L’Homme-Technique-Environnement »
Département d’Architecture École Polytechnique Fédérale de Lausanne 
Directeur du mémoire - KAJ NOSCHIS , 
Expert extérieur - PIERRE HALTER, géobiologiste
et appui de B.WEBER, architecte (perdu de vue depuis...)

INTRODUCTION
 

"Quel est au fond le programme de l'architecture? Sa base devrait être la vie humaine.
L'homme s'y meut, y vit et y accomplit ses activités quotidiennes. On peut donc dire que l'architecture est fondée en quelque sorte sur un processus 'bio-dynamique" /1/
Dans ces propos, tenus en 1969,Alvar Aalto exprime son attitude envers une certaine vision du fonctionnalisme, vision dite "technique", qu'il trouvait juste mais "à condition d'être étendu au domaine psycho-somatique". Une prise de position qui date de 1940 déjà, et qu'il poursuivît avec conséquence dans la tentative de cerner la totalité complexe du "mobil humain" et ses besoins.

Pourtant il ne s'agit pas d'objectiver les besoins mais de les exprimer d'une manière la plus globale.Le part rationnel de ce processus s'associe inévitablement d'une approche intuitive dans le but de "mettre le monde matériel on harmonie avec la vie humaine"./1/

Si la forme se conforme à sa destination utilitaire, ce n'est quà travers l'acte de création architecturale qui constitue aussi "l'expression d'un spiritualisme humain se basant sur la matière".

Cependant pour A.Aalto la matière signifie plus qu'un matériau, car ce mot "transpose l'activité purement matérielle en un processus spirituel qui lui est lié" Comme Si la pensée et son objet étaient un tout.


A.Aalto
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 C'est en tout cas une tendance qu'on peut observer dans l'évolution de son approche méthodique. Le sanatorium à Paimio, considéré comme un des monuments du fonctionnalisme moderne, constitue l'exemple d'une réponse très rationnelle à des besoins divers  clairement définis. Pratiquement chaque forme correspond à une fonction unique, s'articulant sans ambiguïté dans l'ensemble de la composition spatiale - composition que l'on peut ramener à un schéma définissable.
 

L'évolution postérieure de son oeuvre va conduire à un niveau d'ordre beaucoup moins explicite, où les relations mutuelles entre les parties évoluent de telle manière qu'il n'est pas possible d'atteindre la compréhension globale à travers une perception analytique ou fragmentaire.

En réalité l'objet constitue un tout, animé par la pensée créatrice, la lumière constituant la matière unificatrice.
 

La compréhension de la FORME devient indissociable de la prise en compte du facteur humain, qui s'exprime en tant que vision subjective du Moi, portée sur les choix de valeurs,leur hiérarchie et leur définition spatiale.
 

Un processus  qui éloigne A. Aalto d'une certaine interprétation du fonctionnalisme qui se voulait "rationnelle", ce que devait "anoblir" l'ARCHITECTURE en crise et élever la démarche architecturale au même niveau que les sciences dites "exactes".
 

A. Aalto : "L'architecture a souvent été comparée à la science et les efforts ont été  faits pour rendre ses méthodes plus scientifiques" / 2 /

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Une constatation, révélatrice d'un état d'esprit d'une époque, qui témoigne une foi irréfutable en des méthodes de recherches et une vision du monde fondés par la pensée cartésienne, confirmés par les découvertes de Newton (et sa conception mécaniste du réel).

Mais si Aalto affirme que

"Ce n'est pas la rationalisation en soi qui était fausse dans la première période de l'architecture moderne. L'erreur fut de n'avoir pas approfondi suffisamment le concept de la rationalisation."
c'est qu'il préconise effectivement un changement d'attitude, peut-être la définition d'une nouvelle convention mentale ? C'est précisément ce qui s'était passé dans le domaine de la "science des sciences" - la physique et son appareil mathématique.

Déjà dans les années vingt, elle commence à subir des profonds bouleversements, tout en offrant encore au monde une image d'une logique cartésienne mécaniste. Ces bouleversement vont apporter un nouveau sens à la notion même du "rationnel" ou "réel".

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Il y a deux concepts fondamentaux qui se sont imposés aux savants:

- celle de la non-séparabilité entre l'OBJET et le SUJET, les deux n'étant qu'une manifestation de la même totalité, donc la mise en question de la distinction cartésienne entre "res cogitans" (l'observateur) et "res extensa" (la chose observée).

- celle qui concerne une relativisation de la notion de l'objectivité, et qui stipule que la méthode d'examen adopté implique le résultat (ou bien la perception du réel); une idée qui n'arrête pas de faire des vaques, si ce n'est qu'en psychologie, ou une approche "pertinente" est postulée;

 
Tous ces concepts sont à la base d'une nouvelle vision de la matière.
Une occasion pour nous de reconsidérer nos rapports avec l'ENVIRONNEMENT - dans le sens de notre champ de vie, caractérisé par une multitude de facteurs. Il en sera question par la suite.
Mais après toutes ces élucubrations, revenons enfin sur terre et entrons en MATIÈRE.
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Janusz HLYWA 

1998